• Saline royale d'Arc-et-Senans (Doubs, 25)

    34 photos

    La saline royale d'Arc-et-Senans, qui portait à l'origine le nom de saline royale de Chaux, est une ancienne  saline (production industrielle de sel « or blanc ») du XVIIIe siècle en activité jusqu'en 1895, construite à Arc-et-Senans dans le Doubs en Bourgogne-France-Comté. Elle compte parmi les plus importantes salines d'Europe de son époque, et est construite par l'architecte Claude-Nicolas Ledoux sous le règne du roi Louis XV pour transformer la saumure, extraite aux salines de Salins-les-Bains, transférée jusqu'à Arc-et-Senans par un  saumoduc de 21 km.
    À cette époque, le sel était utilisé pour la conservation de certains aliments comme la viande ou le poisson. C'était donc à ce titre une denrée essentielle. Un impôt était basé sur sa consommation, la gabelle, et était perçu par la ferme générale. La Franche-Comté était une région relativement riche en gisements de sell gemme dans son sous-sol. En conséquence, on trouvait de nombreux puits salés dont on extrayait le sel par ébullition dans des chaudières chauffées au bois. On trouvait à l'époque de nombreux puits à Salins-les-Bains et à Montmorort. On avait construit les chaudières près de ces puits et l'on amenait le bois des forêts voisines. Cependant, après de nombreuses années d'exploitation, ces forêts s'appauvrissaient de plus en plus rapidement, et le combustible devait en conséquence parcourir des distances de plus en plus importantes pour être acheminé, ce qui coûtait de plus en plus d'argent. De plus, au fil des années, la teneur en sel de la saumure diminuait. Durant une période, les experts du Roi cherchèrent même à exploiter les « petites eaux », mais ceci fut stoppé par un arrêt du conseil du Roi en avril 1773. Enfin, la construction d'un bâtiment de graduation était impossible, du fait de la position de Salins-les-Bains dans un vallon, ce qui n'était pas adéquat.
    La décision de construire la nouvelle saline fut prise par un arrêt du Conseil du 29 avril 1173. Le lieu de la construction de la saline fut défini par une commission technique désignée par la ferme générale : ce sera entre les villages d'Arc et de Senans. Ce site présentait plusieurs intérêts : c'était une plaine dégagée, située à proximité de la Loue et de la fôret royale de Chaux, forêt de plus de 40 000 arpents (ancienne unité de mesure de longueur, en fonction du pays)De plus, il se trouvait au centre du continent : il pouvait communiquer avec la Méditerranée par le canal de Dole, et avec la mer du Nord et le port d'Anvers par le Rhin.. Enfin, la Suisse était relativement proche, ce qui était à l'époque un atout important du fait de la forte demande de ce pays en sel. Le projet prévoyait la production d'environ 60 000 quintaux de sel par an, ce qui représentait environ 100 000 tonnes d'eau à évaporer par an à raison d'une concentration de 30 grammes de sel par litre de saumure. Le projet d'édification fut validé par Louis XV le 27 avril 1774, peu de temps avant sa mort, le 10 mai 1774. En 1173, le roi, en quête d'argent, fait entrer dans la « Manutention générale des Salines » une société d'entrepreneurs à laquelle il fut accordé une autorisation d'exploitation de 24 ans. Cette société, dirigée par Jean-Roux Monclar, avait des volontés financières et donc de rentabilité. C'est ainsi que l'entrepreneur refusa le premier projet proposé par Ledoux. Le projet d'édification approuvé par le roi confiait donc et le financement et la construction de la saline à l'entrepreneur Jean-Roux Monclar, en échange de l'autorisation d'exploitation qui lui fut accordée. Claude-Nicolas Letoux profita de la remise en cause de son premier projet pour en présenter un second profondément différent. Le plan-masse du projet fut signé par Trudaine le 28 ocotbre 1774. Les archives ne nous renseignent que très mal sur le chantier et la construction de la saline. L'acquisition des terrains et les terrassements se firent peu de temps après. La première pierre fut posée lors d'une cérémonie le 15 avril 1775, jour du samedi saint, et les travaux se poursuivirent jusqu'en 1779. Ceci indiquait donc, comme le veut la coutume, que le gros œuvre et les fondations étaient déjà établis. Le gros œuvre fut rapidement réalisé, et les premiers essais de fabrication commencèrent dès l'automne 1778, avant même l'achèvement des intérieurs. Comme le stipulait le contrat passé entre M. Monclar et la ferme générale, l'exploitation de la saline commença en 1779. Le réseau routier alentour fut étudié par de jeunes stagiaires envoyés sur place par l'École nationale des ponts et chaussées. La route reliant les villages d'Arc et de Senans fut lentement empierrée par une main-d'œuvre corvéable à merci. De plus, comme cette route assurait d'importants débouchés vers la Suisse, l'entrepreneur Monclar mit à la disposition des ponts et chaussées les terrassiers de la saline durant les mois d'hiver. D'après le fermier général Haudry, les dépenses étaient doubles par rapport aux prévisions dès 1778. En 1790, elle intègre la régie nationale des Salines domaniales de l'Est possède le monopole de l'exploitation du sel gemme (halite) de France-Comté.En 1840, le marché du sel est libéralisé let la saline est vendue aux enchères en 1843. Le projet de rachat et de regroupement des trois salines de Montmorot, Salins-les-Bains et Arc-et-Senans en une Société anonyme des anciennes salines royales de l’Est par Jean-Marie de Grimaldi avec des capitaux espagnols est refusée par le Conseil d'État en 1847, en 1855, craignant une monopolisation du marché privé. En 1862, la Société anonyme des anciennes salines domaniales de l'Est voit finalement le jour et forme avec d'autres sociétés le cartel du « syndicat de Nancy » qui achète la saline royale d'Arc-et-Senans. L'activité périclite, car le rendement n'est pas celui escompté. La concurrence du sel marin acheminé par  chemin de fer et la pollution du puits alimentant le village d'Arc amènent la fermeture de la saline en 1895, qui n'est plus entretenue. Les bâtiments des ouvriers sont loués (une trentaine de familles y vivent encore en 1926). Un incendie se déclare en 1918 dans la maison du directeur, frappée par la foudre, détruisant le toit et les parties en bois de l'intérieur. Le10 juin 1927, le département du Doubs  fait l'acquisition de la saline pour en faire un haras et entreprend sa restauration en 1930. La saline a abrité durant l'année 1939 un camp de réfugiés républicains espagnols. De même, en octobre 1939, après le début de la Seconde Guerre mondiale, une batterie de DCA est installée dans la cour et des troupes du génie logent dans les bâtiments. C'est le 20 février 1940 que l'arrêté classant la saline et son mur d'enceinte aux monuments historiques est publié au journal officiel. Après juin 1940, la saline se trouve du côté allemand de la Ligne de démarcation et des troupes continuent d'y séjourner. À la suite d'une requête formulée quelques mois plus tard par les Allemands, un Centre de Rassemblement des tziganes et nomades de la région est installé dans la saline par les autorités françaises de mai 1941 à septembre 1943. Au cours de l'hiver 1944-1945, le site sert de camp de prisonniers de guerre allemands. En 1982, la saline fut inscrite sur la Liste du patrimoine mondiale de l'Humanité par l'UNESCO.
    Coordonées GPS : 47°01'59"N - 5°46'52"E Site : http://www.salineroyale.com

  • Salins les Bains (Jura, 39)

    21 photos

    Les salines de Salins-les-Bains sont un ensemble de deux anciennes salines situées à Salins-les-Bains, dans le département du Jura, en France. Site de production industrielle de sel ignigène, elles sont avec les salines de Lons-le-Saunier parmi les plus anciennes connues, en activité depuis environ 7 000 ans. Fermées en 1962, elles sont à présent un site touristique inscrit depuis 2009 sur la liste du patrimoine mondial de L'UNESCO en complément de la saline royale d'Arc-en-Senans. Propriété de la commune de Salins-les-Bains depuis 1966, les salines de Salins-les-Bains font partie du réseau des musées des techniques et cultures comtoises depuis 1978. Site d'exploitation du sel ignigène (évaporation de la saumure par le feu) parmi les plus anciens connus, les salines de Salins-les-Bains illustrent l'histoire des techniques de fabrication du sel, l'«or blanc», à partir du captage de sources d'eau salée sur près de 7 000 ans. Le sel est exploité à Salins depuis le Néolithique et l'existence de salines dans la ville est attestée depuis le haut Moyen-Âge. En 1772, la saline royale d'Arc-et-Senans est construite pour traiter la saumure extraite à Salins acheminée au moyen d'une double canalisation (saumoduc) enterrée longue de 21 kilomètres. Salins-les-Bains, située dans le Revermont jurassien. Elle s'étend au fond de la vallée de la Furieuse, un affluent de la Loue, et est dominée par deux forts à l'est et à l'ouest. La ville possède une histoire glorieuse due à un passé industriel florissant de production du sel, l'« or blanc », remontant au Ve millénaire av. J.-C. Elle est ainsi la deuxième ville de Franche-Comté au Moyen-Âge et compte environ 8 500 habitants à la veille de la Révolution Française. À partir du XIXe siècle, son activité industrielle s'étend grâce au développement de plâtrières, de scieries, et surtout de faïenceries. La ville s'engage parallèlement dans le tertiaire avec la création d’un établissement thermal en 1854, alors que la seconde moitié du XXe siècle voit la disparition progressive des industries : la plâtrière ferme en 1958, la saline en 1962 et les faïenceries en 1995. Depuis, la ville, qui compte un peu moins de 3 000 habitants, fonde sa difficile reconversion économique sur les services, en particulier à travers trois secteurs : la santé, le thermalisme et le tourisme. Ce dernier s'appuie notamment sur la restauration et la valorisation d’un patrimoine historique riche et prestigieux marqué par l'inscription de la grande saline de Salins-les Bains sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO le 27 juin 2009, en extension de la saline royale d'Arc-et-Senans sur la liste depuis 1982.

2 commentaires



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  • VIVITI - 1
    Magnifique les Salines Royales, ou l'on voit le génie de nos grands anciens.
  • karinethenadey - 1
    :smile:
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